La révision du coefficient d'énergie primaire de l'électricité (CEP), applicable depuis le 1er janvier 2026, s'inscrit dans une dynamique d'évolution permanente du diagnostic de performance énergétique (DPE). Cet outil, en constante adaptation, accompagne les transformations techniques, climatiques et sociétales. Plusieurs axes de travail restent encore ouverts afin d'améliorer la fiabilité et la pertinence de cet instrument désormais central dans la politique publique de rénovation énergétique. Les professionnels du secteur, notament les diagnostiqueurs immobiliers, se préparent déjà à ces futures évolutions afin de renforcer leur expertise et d'aider au mieux leurs clients à appréhender ces enjeux complexes.
DPE et bâti ancien : les constructions antérieures à 1948 nécessitent une approche spécifique
Depuis plusieurs années, les spécialistes du patrimoine bâti et de la rénovation énergétique mettent en évidence les limites de la méthode actuelle appliquée aux bâtiments anciens. La méthode de calcul 3CL-DPE, initialement pensée pour des constructions récentes, peine à valoriser correctement les qualités propres aux techniques traditionnelles. L'inertie thermique des parois épaisses, la gestion naturelle de l'humidité ou encore une ventilation issue d'une étanchéité mesurée sont autant d'éléments insuffisamment pris en compte par l'algorithme actuel. Ainsi, les logements en pierre, les immeubles haussmanniens ou les bâtiments ruraux anciens se retrouvent fréquemment défavorisés par un DPE largement basé sur les standards de l'isolation moderne.
Pourtant, ces édifices présentent souvent un confort thermique avéré et des consommations énergétiques modérées, reposant sur des principes bioclimatiques éprouvés. Les pouvoirs publics ont commencé à reconnaître cette réalité, notamment avec la publication, en mars 2025, du Guide DPE et audit énergétique dans les logements - Travaux d'amélioration de la performance énergétique élaboré par le Cerema. Néanmoins, les travaux de réflexion se poursuivent afin de mettre en place une méthode plus respectueuse des spécifités du bâti ancien. Une proposition de loi, adoptée par le Sénat, demeure à ce jour en attente d'examen à l'Assemnlée nationale depuis le 20 mars 2025.
Cette évolution méthodologique s'avère toutefois délicate. Il ne s'agit pas simplement d'assouplir les critères existants, mais bien de concevoir une grille d'analyse capable de refléter les performances réelles de ces bâtiments tout en orientant les propriétaires vers des travaux adaptés. Les interventions sur le bâti ancien requièrent en effet des compétences spécifiques afin d'éviter toute altération des qualités existantes ou l'apparition de désordres. Un DPE mieux ajusté permettrait ainsi de guider les propriétaires vers des améliorations pertinentes et durables.
Le confort d'été : un enjeu climatique majeur pour les futures évolutions du DPE
L'adaptation des logements aux effets du changement climatique constitue un autre défi majeur pour l'évolution de leur performance énergétique. Si les questions liées au chauffage et à l'isolation restent essentielles, la capacité d'un bâtiment à maintenir une température acceptable lors des épisode de forte chaleur devient tout aussi déterminante. L'indicateur de confort d'été, intégré au DPE depuis juillet 2021, montre déjà ses limites face à la multiplication et à l'intensification des vagues de chaleur.
Les professionnels du diagnostic constatent que cet indicateur, à vocation uniquement informative et sans impact sur les étiquettes énergétique, est encore peu exploité. Une évolution de ce critère apparaît nécessaire afin de mieux apprécier les risques de surchauffe. Celle-ci pourrait se traduire par la création d'une notion dédiée ou par l'intégration du confort d'été dans l'évaluation globale du DPE. Une telle avancée permettrait de valoriser les logements conçus pour faire face aux canicules, d'identifier ceux particulièrement exposés et de proposer des recommandations de travaux réellement efficace. Elle encouragerait également le recours à des solutions passives et écoresponsables, limitant le développement excessif de systèmes de climatisation énergivores, lesquels contribuent à accentuer le réchauffement climatique.